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vendredi, 20 avril 2007

DERNIERE REVUE DE PRESSE AVANT LE CHOIX HISTORIQUE!

Bayrou donné vainqueur au sein de Paris-Match jeudi 19 avril 2007 Le candidat centriste obtient 29,88% des voix dans un sondage interne de la rédaction de l'hebdomadaire, devant Ségolène Royal (28,73%) et Nicolas Sarkozy (21,84%).
François Bayrou est arrivé en tête d'un « vote présidentiel » organisé la semaine dernière au sein de la rédaction de Paris-Match (Lagardère Active Media), devant Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy, a indiqué mercredi la Société des journalistes (SDJ) de l'hebdomadaire à l'AFP. Lors de ce scrutin interne, où 90 personnes se sont exprimées (dont 3 votes blancs), le candidat de l'UDF a obtenu 29,88% des voix, Ségolène Royal 28,73% et Nicolas Sarkozy 21,84%, a précisé la SDJ. Viennent ensuite Olivier Besancenot (8,05%), Arlette Laguiller (4,59%), Jean-Marie Le Pen (3,45%), José Bové, Frédéric Nihous et Dominique Voynet (1,15% chacun). Philippe de Villiers, Gérard Schivardi et Marie-George Buffet n'ont obtenu aucun suffrage. ........................................................................................................................................................................................................................................................................................................................ Le vote Bayrou chez les alter-écolos... c'est mathématique !
Il est des questions - simples, pour qui veut bien faire quelques additions et multiplications - de logique et de mathématique qui amènent beaucoup d'écolos et d'"alter" à miser Bayrou. Au croisement des sujets climat-croissance-nucléaire: Jean-Marc Jancovici, un conseiller de Hulot, nous remet les idées en phase avec les chiffres, dans une approche vraiment systémique de notre civilisation. Proportionnelle à l'Assemblée: des calculs de coins de table nous donnent le futur nombre de députés écolos ou "alter". Et enfin la logique du "consommer mieux" face à celle du "consommer plus" devrait aussi en éclairer beaucoup. On s'étonne de voir autant - 30% à 50% - d'indécis à quelques jours de l'élection de notre président(e), mais quoi de plus normal au fond, dans cette inhabituelle campagne tripolaire, avec trois candidats - les trois dont nous savons que l'un sera notre président le 6 mai. Car pour la première fois, nous avons le choix entre trois candidats qui proposent trois chemins, trois projets vraiment différents pour notre pays. Ce choix n'est plus unidimensionnel dans l'éternelle présentation droite-gauche, mais, en quelque sorte, "bidimensionnel". (Voir mon précédent article : "Pour un espace bidimensionnel") Le choix des électeurs se fait plus complexe. Avec cette nouveauté-là, la logique et la raison se retrouvent régulièrement balayées du débat au profit de subjectivités hasardeuses où les électeurs se perdent un peu... Remettons donc, au coeur du débat, de la logique et des mathématiques. Kaya : L'équation qui "démonte" Ségolène Royal... N'en déplaise aux écologistes "sentimentaux", dans écologie, il y à "logie" : logos, c'est-à-dire "science" en grec. Et pour étudier les écosystèmes de manière globale, ce qui est nécessaire au XXIe siècle, il faut étudier le système Terre dans son ensemble. Les conclusions du GIEC montrent que le réchauffement climatique menace l'humanité comme espèce (voir note n°4) et que les émissions mondiales de CO2 (mais aussi d'autres gaz) doivent êtres divisées par deux à l'horizon de quelques décennies, si l'on veut cesser d'enrichir l'atmosphère en gaz à effet de serre. Un spécialiste français du réchauffement climatique et conseillé au sain du pacte écologique de Nicolas Hulot, Jean-Marc Jancovici, a publié en 2003, sur son site manicore.com, un article intitulé : "L'équation de Kaya".
Cette équation est celle-ci : Les émissions de gaz carbonique sont égales à : Contenu en gaz carbonique de l'énergie * Intensité énergétique de l'économie * Production par personne * Population Voilà donc ce qu'il faut diviser par deux. Population : elle s'achemine plutôt vers 9 milliards en 2050. Jean-Marc Jancovici explique : « Puisque la population est tendanciellement multipliée par 1,5 alors que les émissions doivent être divisées par 2, cela signifie que l'ensemble des autres facteurs de notre équation doit être divisé par 3. » Production par personne : « Une augmentation très conservatrice de 1% par an du PIB par habitant, ce qui est bien en-dessous de ce que tout élu tente d'obtenir lorsqu'il est en fonctions, augmente cette valeur de 65% en 50 ans, ce qui signifie que le reste des autres facteurs de notre équation doit alors être divisé par 5 (5 est plus ou moins égal à 3*1,65). » Intensité énergétique de l'économie : Peut-elle être divisée par 5 en 50 ans ?
Elle a baissé de 25% en 30 ans en France (voir graphique dans l'article de Jean-Marc Jancovici) : « La prolongation d'un taux de diminution identique amène à une réduction de 40% en 50 ans, mais c'est une hypothèse optimiste, parce que ce sont les premiers efforts qui sont les plus faciles à faire. Passons, et supposons que nous puissions prolonger. L'intensité énergétique étant alors de 60% de ce qu'elle est aujourd'hui, c'est donc un facteur 3 à 4 par lequel il faut diviser le dernier facteur de notre équation : le contenu en gaz carbonique de l'énergie. » À ce stade, Jean-Marc Jancovici explique que la contribution des énergies renouvelables (dont le "contenu en gaz carbonique" est très faible) est limitée par des facteurs physiques avant de l'être par des facteurs technologiques ou économiques ( "Pourrions nous vivre comme maintenant avec juste des renouvelables ?" ). Et que, « tant que nous souhaitons perpétuer aussi longtemps que possible la "croissance économique", la seule variable d'ajustement pour tenter de réduire d'un facteur 3 à 4 ce "contenu en gaz carbonique de l'énergie", est... le nucléaire. » (dont le "contenu en gaz carbonique" est de 19 kg équivalent carbone par TEP, là où le gaz est à 651, et le charbon 1123).

Attention, il faut à tout prix inviter les antinucléaires qui traitent Jean-Marc Jancovici de pronucléaire à relire en détail cet article, "L'équation de Kaya" sur son site ; tout y est, et il n'y a aucun parti pris sentimental ou intéressé dans les démonstrations de cet ingénieur : il se contente modestement de démontrer que le débat sur le nucléaire est indissociable du débat sur la quantité d'énergie globale que nous voulons consommer, indissociable du débat sur la croissance ou décroissance de notre consommation matérielle (Jean-Marc Jancovici : « Bien entendu, une autre alternative est de choisir d'entrée de jeu - à population constante, bien sûr - la décroissance de la consommation matérielle par individu (ce qui, hors effet de stock, revient à choisir la décroissance de la production "matérielle", ce qui inclut aussi les services qui nécessitent des minerais ou de l'énergie), à laquelle nous serons de toute façon contraints un jour, non par idéologie, mais parce que, hélas pour nous, le monde est fini. »), et que sans nucléaire, une croissance économique, même modeste, conduira inévitablement à augmenter les émissions de gaz à effet de serre. Car la providentielle "dématérialisation de l'économie" qui devrait nous sauver est, à l'échelle de 50 ans, un leurre.
C'est là qu'entre en scène le chef-d'oeuvre d'absurdité de Ségolène Royal : elle appelle de tous ses voeux une croissance forte digne des trente glorieuses... puis au milieu du mois de février, elle prend l'engagement de baisser la part du nucléaire de 80% à 50%... Et tout cela bien sûr en assurant de diviser par quatre les émissions de gaz à effet de serre d'ici 2050. Résultat : des membres du PS consternés et la démission d'Eric Besson du parti. (Extrait audio de Bayrou parlant de ça. (Autres extraits de discours et interviews à écouter en ligne sur AUDIOBAYROU.COM)
Logique nécessaire de la proportionnelle à l'Assemblée La question de savoir si le score des Verts à l'élection présidentielle sera de 0,5% ou, pourquoi pas, de 9%, est certes importante pour les sympathisants Verts (dont je fais partie)... Mais elle est infiniment moins importante que la question de savoir combien il y aura de députés Verts dans notre Assemblée nationale, Assemblée qui est censée représenter les citoyens... un peu plus que les souvenirs des pourcentages des élections présidentielles passées...
Il est donc essentiel de voter pour un candidat proposant beaucoup de proportionnelle à l'Assemblée, pour ensuite, dans un deuxième temps, voter Verts à des élections législatives contenant cette part de proportionnelle. Ségolène Royal propose environ 15% de proportionnelle à l'Assemblée, et ne pourra pas proposer plus car cela affaiblirait le Parti socialiste. Quel candidat - de l'un des trois qui sera président - propose le plus de proportionnelle à l'Assemblée ? François Bayrou : proportionnelle pour la moitié des sièges des députés. Cela veut dire que les Verts, avec un score de 7,4%, comme celui obtenu aux élections européennes de 2004, auraient au minimum 25 députés à l'Assemblée nationale, alors qu'aujourd'hui, ils en ont... 3 ! Ceux qui veulent une véritable représentation politique des Verts votent Bayrou. Logique nécessaire de la proportionnelle à l'Assemblée (bis) Nous pouvons faire exactement la même démonstration en remplaçant "les Verts" par un autre petit parti existant ou futur, d'un Bové ou d'un Besancenot, qui aurait enfin une voix à l'Assemblée nationale grâce à la proportionnelle. Ceux qui attendent une représentation politique d'un Bové ou d'un Besancenot dans le parlement de la République, votent Bayrou. Les alter ne sont pas "logiquement" à gauche : Des alter-centristes ? C'est bien là une question récurrente chez les altermondialistes : le mouvement altermondialiste est-il forcément de gauche ? N'est-ce pas une faiblesse de celui-ci que d'avoir tendance à mélanger les luttes contre les multinationales ou pour la décroissance de la consommation, avec la lutte des classes ? Bien sûr, tous les alter se positionnent contre une certaine droite, qu'ils appellent "néolibérale". Mais cela doit - impérativement - amener une réflexion globale sur ce que sont la gauche et la droite. Car au XXIe siècle, on n'appliquera sans doute plus du tout les mêmes politiques aux très grandes entreprises et aux toutes petites. Exemple : un adhérent du SEL (Système d'échange local) militant pour que celui-ci ne soit pas taxé, ni imposé, ne défend-il pas une valeur "de droite" ? Tout comme le paysan, l'artisan ou la profession libérale qui réclame moins d'impôts sur son activité ? Le François Bayrou qui demande au Parlement européen que la possibilité d'une "Taxe Tobin" (taxe sur les transactions monétaires internationales) soit étudiée, ne défend-il pas là une valeur qui vient de l'extrême gauche ? Enfin, des priorités qui transparaissent dans les programmes présidentiels entre, le "consommer plus" et le "consommer mieux", doivent amener notre réflexion d'électeurs sur d'autres axes que le clivage gauche-droite. Et faire sentir que "consommer mieux" est une priorité chez François Bayrou, là où ça l'est moins chez Ségolène Royal (qui base le financement de son généreux programme sur une croissance de la consommation de 2,5%... le taux le plus élevée de tous les candidats !), et encore moins chez Sarkozy (voir mon précédent article : "Pour un espace bidimensionnel"). Et faire comprendre, par exemple, pourquoi Bové semble à certains "freemen" moins éloigné de Bayrou que de Ségolène. Contre les sectarismes... Les altermondialistes mènent un combat très salutaire contre les multinationales, mais certains laissent à penser que toute la classe politique dominante, y compris François Bayrou, est au service de ces multinationales et de la mondialisation néolibérale... C'est oublier que François Bayrou a écrit, il y a quelques années, une critique de la mondialisation néolibérale, et que son projet contient, entre autres choses, l'indépendance de la presse à l'égard de l'Etat, des puissances d'argent et des influences étrangères, par le rétablissement des ordonnances du 15 mars 1944 et des idées des mesures anti-lobbying : « S'agissant du lobbying, la grande difficulté vient de ce qu'effectivement cette activité n'est pas réglementée en France comme si l'activité n'existait pas. Il est donc impératif de mettre en place une véritable réglementation exigeant en particulier une transparence dans les contacts qui sont pris et un encadrement dans le temps des activités de lobbying. » Les écologistes mènent un combat très salutaire pour notre planète, mais certains laissent à penser que Royal a plus de vocation écologique que Bayrou, et que pour preuve, le programme de celle-ci serait truffé de mesures écolos, plus que celui de Bayrou. C'est oublier qu'en écologie (logie = "étude") c'est l'approche systémique qui importe, comme le montre Kaya. Et que, comme le dit Jean-Marc Jancovici : « l'enfer est pavé de bonnes intentions... », En réduisant le nucléaire dans notre société d'abondance... « vous ne favorisez que très peu les fabricants des éoliennes et de panneaux solaires ; ce sont essentiellement les charbonniers et les gaziers qui en profitent. En croyant défendre l'environnement, on favorise la hausse des émissions de gaz à effet de serre. »( Rappel : depuis 700 000 ans, le CO2 dans l'atmosphère oscille entre 200 ppm (pendant les ères glaciaires) et 280 ppm (pendant les ères non glaciaires, et comme c'est le cas depuis 30 000 ans). Et aujourd'hui, en un demi-siècle, le CO2 dans l'atmosphère terrestre est passé à 380 ppm, et continue d'augmenter de manière exponentielle... La possibilité d'avoir 15 °C en plus de température moyenne sur la Terre dans un ou deux siècles n'est exclue d'aucun des vagues modèles de prévision du climat... Ceci signifierait enlever un ou deux zéros à la surface terrestre des écosystèmes... et donc enlever un ou deux zéros à la population humaine mondiale.
Concernant le côté pronucléaire de Jean-Marc Jancovici, il semble que son principal souci (n'est-ce pas le nôtre ?) est d'éviter que ses enfants ou petits-enfants ne vivent un enfer énergético-climatique. À lire... "Le plein s'il vous plaît !" d'Alain Grandjean et Jean-Marc Jancovici. En plus de l'explication du danger climatique, du pic pétrolier, et de la seule solution qui vaille, la taxe "carbone", une intéressante "critique du PIB" est argumentée dans le 5e chapitre de ce magistral essai qui vient de sortir en version poche (Cet essai a été remis entre les mains de Sarkozy et de Royal par Yann Arthus-Bertrand... mais ils n'ont pas l'air de l'avoir lu.) ...mais rappeler que notre monde est fini.
Voici, pour terminer, une modeste citation "décroissante" pleine de logique : Prononcée à la réunion publique du pacte de Hulot, par Jean-Marc Governatori, un candidat écologiste - défendant la bio, les Amap et les médecines alternatives - qui n'a pas eu ces 500 signatures (mais dont le parti, La France en action, avait tout de même obtenu 300 000 voix aux élections européennes 2004), : « On ne peut pas se "développer" durablement sur une planète de 12 800 kilomètres de diamètre, parce que notre planète ne fera jamais 12 800 000 kilomètres de diamètre, elle fera toujours 12 800 kilomètres de diamètre. » J'ai eu l'occasion de discuter avec quelques membres fondateurs de ce mouvement d'écologie active : une très large majorité de leurs membres voteront François Bayrou ce dimanche. ...................................................................................................................................................................................................................................................................................................................... . A Pau, Bayrou promet de faire échec aux "puissances" liguées contre lui Par Pascale JUILLIARD PAU (AFP) - Sur ses terres du Béarn, François Bayrou a promis de faire échec aux "puissances" qui voudraient maintenir le PS ou l'UMP à la tête du pays, jeudi soir devant plusieurs milliers de personnes réunies au Zénith de Pau. En terrain familier devant son épouse Elisabeth, plusieurs élus et "amis" de la région et, selon l'UDF, 7.000 sympathisants dans la salle et 3.000 à l'extérieur, le candidat UDF à la présidentielle a insisté sur son enracinement en Béarn, ""un pays de fierté qui refuse de plier". Celui qui avait démarré à 6% dans les sondages en janvier avant de devenir le "troisième homme" de la campagne a cité la devise d'Henri IV: "le béarnais est pauvre, mais il ne baisse pas la tête". Ce dernier grand meeting avant le premier tour a coïncidé avec la publication par le journal Le Monde d'un éditorial intitulé "Impératif démocratique", appelant à un second tour Ségolène Royal/Nicolas Sarkozy "pour assurer les chances d'un vrai choix". M. Bayrou, qui est crédité de 17% à 20% par plusieurs instituts de sondages, mais de 15% seulement par BVA, y a trouvé l'occasion de se présenter de nouveau en candidat anti-système, déterminé à appliquer le "principe de séparation entre les intérêts puissants et l'Etat". "En face de cet immense mouvement de peuple" qui le soutient, il a décrit "le feu croisé, avec une violence jamais atteinte, de ceux qui ont un programme commun: surtout ne rien changer". "Pour vous, on doit supprimer le premier tour de l'élection présidentielle et passer directement au second", en votant pour Nicolas Sarkozy ou Ségolène Royal, a-t-il protesté, s'adressant à l'UMP et au PS, ainsi qu'aux "autres forces" qui les entourent, "des monopoles, médiatiques notamment". Mais "c'est le peuple qui décide!", a-t-il lancé, assurant que son élection serait "la loi de l'emmerdement maximum" pour "tous les puissants" voulant défendre "leur privilège principal, le monopole du pouvoir". "Je suis décidé à conduire cette révolution là", a-t-il affirmé. Cette "bonne vieille connivence entre les pouvoirs financier, politique et médiatique, voilà ce que nous menaçons par notre existence même", a-t-il assuré. Il a pris l'engagement d'"enlever le pouvoir" à l'UMP, au PS et à leurs "réseaux", réaffirmant être "le seul à pouvoir gagner le deuxième tour contre l'hyper favori qu'on nous présente dans tous les sondages". Le député des Pyrénées-Atlantiques a assuré que pour les citoyens, son élection serait "sans risques, avec un président équilibré, modéré, qui aime la France plus qu'il n'aime le pouvoir, qui a des racines, qui a une vocation de rassembleur, qui peut parler et respecter ceux qui ne sont pas du même avis que lui". Une image qu'il a opposée, sans le nommer, à celle qu'il attribue habituellement à Nicolas Sarkozy. "A force de faire monter les tensions, entre les communautés, entre les origines, entre les religions, entre les couleurs de peau, on rend la France dangereuse", a-t-il dit dans une critique implicite de son rival UMP. "Je veux la France en sécurité, apaisée", a-t-il ajouté. La réunion s'est conclue par la Marseillaise, suivie de l'hymne pyrénéen chanté en béarnais, comme lors de la déclaration de candidature de M. Bayrou, le 2 décembre dernier dans le village voisin de Serres-Castet. Dimanche, il votera à Pau avant de rejoindre son QG de campagne à Paris pour la soirée électorale. ....................................................................................................................................................................................................................................................................................................................... PETIT RAPPEL SUR SON PARCOURS: François Bayrou, la surprise du centre LIBERATION.FR : lundi 19 mars 2007 Le candidat centriste François Bayrou, 55 ans, qui veut briser le clivage droite-gauche, constitue la surprise de la campagne présidentielle dont il est devenu l'un des favoris, après avoir longtemps fait figure d'outsider. Le président de l'UDF s'était préparé de longue date, convaincu de son destin présidentiel. Candidat pour la première fois en 2002, il obtient 6,84% des voix. La création de l'UMP il y a cinq ans, avec la défection du gros des troupes centristes vers la nouvelle formation, a créé chez lui une «extraordinaire envie de résistance», racontent ses proches. Pendant les premières années du quinquennat, il incarne avec jubilation la voix de la critique au sein de la majorité. Ses charges se font de plus en plus lourdes, notamment lorsqu'il dénonce les pratiques «monarchiques» et le «clanisme» qu'il associe à Jacques Chirac. Soucieux de ménager l'électorat anti-sarkozyste, il préfère aujourd'hui souligner les «valeurs» qu'il partage avec le chef de l'Etat, notamment la défense du «modèle républicain» français. En mai 2006, il rompt avec l'UMP en votant une motion de censure socialiste contre le gouvernement Villepin, suivi par seulement un tiers des députés centristes. Il affirme alors: «le propre du pionnier, c'est qu'il est un peu seul au début». Sa détermination le rend sourd aux critiques de ceux qui l'accusent de mettre son parti au service de son ambition présidentielle, ou qui s'inquiètent de sa croisade contre le clivage droite-gauche. François Bayrou «est habité par l'idée qu'il détient l'avenir. Il a un ego gaullien», confie un parlementaire UDF. Président de l'UDF depuis 1998, François Bayrou est venu très jeune à la politique, à l'époque de Valéry Giscard d'Estaing, travaillant dans un cabinet ministériel. Cet agrégé de lettres classiques est élu député des Pyrénées-Atlantiques à 34 ans, et devient ministre à 41 ans. Il prend la présidence du Centre des démocrates sociaux (CDS) en 1994, avec la volonté d'incarner le renouveau du courant centriste et européen. Pendant quatre ans (1993-97), il est ministre de l'Education dans les gouvernements d'Edouard Balladur, puis d'Alain Juppé. «C'était un temps où je croyais qu'on pouvait changer les choses de l'intérieur», dit aujourd'hui celui qui se pose en candidat «anti-système». Européen convaincu, il a siégé de 1999 à 2002 au Parlement européen. Ce fils d'agriculteurs, qui met volontiers en avant ses origines modestes, fustige la «culture de l'argent». De son enfance béarnaise, il se rappelle son goût pour la lecture: «Je suis issu d'une famille d'autodidactes qui lisaient tout le temps, même à table». Catholique pratiquant mais défenseur de la laïcité dans la vie publique, il s'est marié à 20 ans, a six enfants et onze petits-enfants. Il passe ses loisirs dans son village de Bordères (Pyrénées-Atlantiques), dont il est redevenu député en 2002 et où il élève des chevaux. ...................................................................................................................................................................................................................................................................................................................... .................................................................................................................................................................. Confidences de François Bayrou Livre: Bayrou - Confidences Un livre peut en cacher un autre. A peine avions-nous envoyé le fichier des Politiques mis au Net à l'imprimeur que François Bayrou nous appelle et accepte de rencontrer le PoliTIC'Show pour une deuxième longue interview. Il nous a accueillis le samedi suivant pendant près de deux heures, au cours desquelles il s'est livré à nouveau avec une étonnante liberté de ton : regards sur la campagne (le rôle d'Internet, l'homme Bayrou, etc.), questions brûlantes (éducation, immigration et intégration, la langue et les langues, urgences sociales et environnementale, etc.), Bayrou président (s'il est élu, avec qui gouvernera-t-il ? la création d'un nouveau parti, etc.). Du coup, avec près de cinq heures d'entretien au total (avec celui d'octobre), nous avions du matériau pour un livre à part entière, qui contient donc ce nouvel entretien et la totalité du premier (nous n'avions publié que des extraits dans les Politiques mis au Net). Commander sur Amazon « J'entre dans la confidence, on va dire que je parle de ma vie. C'est un long chemin que j'ai fait, celui d'un jeune homme politique, un très jeune homme politique issu du peuple, fils de tout petits paysans, et qui croit au début que le chemin qu'il fait est celui de l'élitisme républicain. Ce chemin, c'est ce qu'il a appris à l'école dans les cours d'éducation civique : "Tu te présentes, tu te fais élire, tu représentes les citoyens et puis tu vas changer le monde." C'est ça qu'on croit de la République. Et puis, il fait le chemin, plutôt bien, plutôt mieux que d'autres. Il est considéré comme un jeune homme doué avec quelques menus inconvénients : il n'a pas de relations, il ne connaît personne. On n'est pas très sûr qu'il soit très respectueux des puissants, mais enfin, il fait le chemin. Et il s'aperçoit en cours de route que tout ce qu'on lui racontait, c'était du pipeau. C'était du joli pipeau, mais c'était du pipeau. » Le livre sort le 5 avril (il est d'ores et déjà disponible pour la presse : 01 40 40 40 62 / presse@maxmilo.com). Libération y consacre une page avec des « bonnes feuilles » en exclusivité aujourd'hui. « Au fond, les politiques fonctionnent sur quel modèle ? Ils appellent ça le modèle de la démocratie représentative. Qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire qu'une fois tous les cinq ans, on réunit les citoyens pour voter, ils élisent, c'est-à-dire qu'ils donnent un chèque en blanc à quelqu'un, et on revient cinq ans après pour voir s'il a bien fait son boulot. Entre-temps, comme citoyen, vous êtes réputé ne pas avoir à vous occuper de ces affaires. » « Il faut mesurer que l'information est un pouvoir. Probablement, l'information est le pouvoir. Le monopole du pouvoir, c'est le monopole de l'information. Il se trouve qu'Internet révolutionne tout ça, parce qu'il rend à chaque citoyen le droit à l'information et à l'expression. » « Je suis un enfant de l'école publique, un professeur de l'école publique et j'ai été le ministre qui probablement a eu avec l'école publique les meilleurs rapports. Mais je vais vous dire une chose avec certitude : ma priorité, c'est l'école publique. Et elle est en danger. Je veux que vous sachiez le désarroi qui est le mien, quand banlieue après banlieue - j'en ai fait des dizaines depuis des années - j'entends des mères, souvent élevant seules leurs enfants, musulmanes, pratiquantes, qui m'expliquent sans la moindre nuance, que, l'année prochaine, elles scolariseront leurs enfants à l'école privée parce qu'elles ont le sentiment qu'ils ne sont plus en sécurité à l'école publique. » « Vous ne pouvez pas savoir les haines qui se développent en France. Les haines qui ressortent, les haines qui reviennent. La couleur de peau. J'ai mis beaucoup de temps à comprendre ce que ressentaient les Noirs dans notre pays. Je voyais bien du racisme à l'égard des Arabes - on va parler comme les gens de la rue -, mais je n'avais jamais imaginé qu'il puisse y avoir du racisme à l'égard des Noirs, parce que j'étais dans une famille qui aimait l'Afrique. Je croyais au contraire qu'il y avait une chaleur spontanée. Je me suis aperçu que c'était pas du tout vrai, et que ça revenait, la couleur de peau, et qu'ils se sentaient mis à la porte ; que ça revenait, la religion - et ce qu'a dit Sarkozy l'autre jour sur l'Islam, vous voyez bien ce que ça veut dire... On agite les stéréotypes pour susciter le caractère grégaire ! » « François Bayrou. - J'espère bien qu'il y aura des Français de souche qui apprendront l'arabe ! Jean Véronis. - Ce serait donc facteur d'intégration ? François Bayrou. - Ma femme est en train d'apprendre l'arabe, par exemple. (Rire.) Jean Véronis. - Voilà un scoop ! Nicolas Voisin. - Dans quel contexte ? C'est surprenant comme... François Bayrou. - Toute seule, d'elle-même, parce qu'elle adore les langues, elle a des aptitudes linguistiques et elle est perfectionniste. Donc elle s'efforce toute seule d'apprendre l'arabe. Et elle dit : « Après j'apprendrai l'hébreu. Le jour où j'aurai un minimum de maîtrise de l'arabe, assez pour me débrouiller et pour comprendre, ou en tout cas pour avoir des inflexions qui ne soient pas ridicules, après je me mettrai à l'hébreu. » Eh bien, elle a drôlement raison. Tout ça ce sont des trésors, ce ne sont pas des menaces, vous comprenez ? » « Je considère que Gandhi est la plus grande figure historique du siècle. Il y en a eu d'autres, Churchill à sa manière, de Gaulle à sa manière, pour la France, Mendès à sa manière, mais Gandhi pour moi est la plus grande. Vous vous rendez compte de ce que c'est que libérer un pays qui est un continent contre la plus grande puissance de l'époque simplement à mains nues, sans tirer une balle. Mettre à genoux l'empire britannique simplement par la non-violence. Quel Himalaya pour ce petit bonhomme ! Eh bien, je n'ai jamais cessé d'y croire. Et de croire notamment à la règle d'or de Gandhi : "La fin est dans les moyens, comme l'arbre est dans la graine." » ....................................................................................................................................................................................................................................................................................................................... LIENS UTILES: http://blpwebzine.blogs.com/politicshow/ http://www.bayrou.fr/ http://soutien-bayrou-sudyvelines.rsfblog.org/ http://annesophie2007.blogspirit.com/archive/2007/03/18/s... (instructif sur le programme économique de Sarkosy) http://www.universalpressagency.com/BAYROU-VAINQUEUR-AU-SE... (le sondage que l'on ose plus montrer!!!!)

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